Historique·Roman

La Cavalcade des enfants rois, Raphaël Delpard

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Quatrième de couverture :

En 1941, dans la Sarthe, trois jeunes enfants, que la vie n’a pas épargnés, s’engagent dans un réseau de résistance, effectuant des missions essentielles de communication et d’information. Ces actes sont aussi, pour chacun d’eux, une quête éperdue d’amour et de reconnaissance.

Nez au vent, foulée légère, pour la toute première fois Julien goûte à la liberté. Il fuit sa vie ballottée d’une famille d’accueil à l’autre. Mais, vite repris par les gendarmes, l’orphelin est mené dans un centre d’éducation pour jeunes délinquants et vagabonds. Il trouve réconfort auprès de Tristan, un peu plus âgé et plus mûr, dont les parents, juifs, ont été déportés. Un jour, ils parviennent à s’enfuir, direction la Sarthe, que Julien connaît bien pour y avoir grandi. Là, leur destin sera lié à celui de la petite Marie, placée chez des fermiers qui la maltraitent.

Ces trois compagnons, que la vie n’a pas épargnés, vont alors s’enrôler dans un réseau de résistance…
Quel sera le prix de leur engagement ? Sacrifieront-ils leur enfance, leurs rêves au nom de leur combat ?
Un hymne à la vie et à la jeunesse.

Mon humble avis : 

Je ne connaissais pas Raphaël Delpard. Aimant beaucoup les romans se passant lors de la Seconde Guerre mondiale, je pouvais difficilement passer à côté de celui-ci. Grand bien m’en a pris car j’ai beaucoup apprécié cette lecture qui nous parle d’un épisode de la guerre que je ne connaissais pas…

L’histoire débute dans un pensionnat. L’ambiance est vraiment bien décrite et certaines scènes sont très difficiles à lire de par leur violence et leur cruauté. Comment peut-on admettre de telles choses ! Et là, on se rend compte que, alors qu’on pourrait penser que ces enfants s’apporteraient de l’entraide, certains d’entre eux n’hésitent pas à dénoncer les autres et à leur infliger des sévices pouvant aller très loin dans la cruauté. Cela est un fait connu des pensionnats mais j’espérais que la guerre aurait atténué ces comportements…

Après cette première partie, nous suivons Tristan et Julien qui sont parvenus à s’échapper de ce pensionnat et Marie qu’ils vont rencontrer par hasard. Tous les trois vont être amenés à faire partie d’un groupe de Résistants. Ce qu’ils font et le courage dont ils font preuve ne peut que forcer l’admiration du lecteur. Je les ai trouvés très touchants et émouvants. Je me suis énormément attachée à eux.

J’ai beaucoup apprécié la troisième partie qui nous narre l’après et quels adultes ces enfants sont devenus. J’avais besoin de savoir comment ils avaient pu évoluer après tout ce qu’ils ont vécu. Heureusement que Raphaël Delpard n’a pas écrit une fin ouverte qui m’aurait déçue et frustrée.

La plume de l’auteur est très agréable et réaliste. Elle m’a permis d’avoir l’impression d’être avec les personnages. C’est aussi pour cette raison que certaines scènes ont été vraiment difficiles à lire…

La Cavalcade des enfants rois est une histoire qui m’a touchée et bouleversée. Je compte bien lire d’autres roman de cet auteur.

Je remercie les éditions Presses de la cité et NetGalley pour ce service presse numérique.

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Roman

Une vie meilleure, Rachel Rhys

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Quatrième de couverture :

Juillet 1939, Lilian Shepherd, vingt-cinq ans, embarque sur un paquebot à destination de l’Australie, laissant derrière elle un pays sur lequel plane l’ombre de la guerre. Le navire est rempli de passagers venus d’horizons les plus divers, mais tous partagent un désir commun : repartir de zéro sur ce nouveau continent.

Pour une jeune femme à l’existence plutôt terne jusqu’alors, c’est un voyage magique. Il y a un orchestre à bord, des bals costumés pour tous, et Lily n’a de comptes à rendre à personne. Elle découvre à chaque escale des lieux qui n’étaient pour elle que des noms mythiques ? Naples, Le Caire, Ceylan ? et se lie avec des passagers qui, d’ordinaire, n’auraient pas daigné la regarder. Des amitiés se tissent, des amours naissent ?

Mais les paillettes peuvent cacher de lourds secrets, et Lily s’aperçoit peu à peu qu’elle n’est pas la seule à fuir son passé. Dans ce microcosme où les normes sociales sont bouleversées et où l’imminence de la guerre renforce les préjugés, tous les éléments sont réunis pour que le rêve tourne au drame? Une chose est sûre, la vie de Lily s’en trouvera changée à jamais.

Mon humble avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman. J’ai vu des avis de personnes qui étaient désappointées, s’attendant à un policier à la Agatha Christie, ce qui n’est pas le cas. Dans la mesure où je n’avais pas d’attentes particulières, je n’ai pas du tout été déçue.

Par petites touches, l’auteure nous donne des indices sur ce qu’a vécu Lily et qui a été la cause de son départ. Elle nous dévoile aussi peu à peu les secrets de chacun et chacune, tout en continuant à laisser planer le doute sur certains.

Les personnages, n’étant que très peu au courant des nouvelles concernant les risques de déclaration de guerre, voient des tensions se créer entre eux en fonction de la nationalité de chacun. Et on se rend compte que, sur le paquebot, les passagers commencent à se demander si les personnes qu’ils côtoient sont des ennemis ou non. Par exemple, les juifs, et notamment Maria qui est amie avec Lily, sont détestés par beaucoup.

Des amours, des amitiés et des inimitiés se nouent et plus on avance dans le récit, plus on se rend compte que tous ont des choses à cacher. Heureusement, la curiosité du lecteur sera satisfaite.

Je me suis rapidement attachée à Lily et Edward. Tous les deux suscitent l’empathie, peut-être surtout parce que l’on sent une certaine fragilité chez eux. Certains personnages sont désagréables mais lorsque j’ai  appris ce qu’ils tentaient de cacher, j’ai eu de la peine et j’ai revu mon jugement concernant certains.

Le style de l’auteure est fluide et très agréable, et je me replongeais toujours dans le roman avec délectation. Rachel Rhys prend son temps, ce qui pourrait gêner certains. Personnellement, je n’ai pas trouvé qu’il y avait de longueurs et cette lenteur m’a semblé appropriée avec la traversée.

J’avais en partie deviné ce que l’auteure nous révèle à la fin. Mais en partie seulement et je dois dire que Rachel Rhys a réussi à me surprendre malgré tout, ce que j’ai beaucoup apprécié.

Une vie meilleure a été une très agréable découverte que je recommande mais ne vous attendez pas à un roman policier.

Je remercie les éditions Denoël pour ce service presse.

Titre : Une vie meilleure
Auteur : Rachel Rhys
Traducteur : Mélanie Trapateau
Éditeur : Denoël
Date de publication : 18 janvier 2018

Roman

Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, Martha Hall Kelly

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Quatrième de couverture :

À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c’est tout son quotidien qui va être bouleversé.

De l’autre côté de l’océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, renonce à son enfance pour rejoindre la Résistance. Mais la moindre erreur peut être fatale.

Quant à l’ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre de montrer enfin toutes ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes…

Les vies de ces trois femmes seront liées à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbrück, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l’Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que l’Histoire n’oublie jamais les atrocités commises.

Un premier roman remarquable sur le pouvoir méconnu des femmes à changer l’Histoire à travers la quête de l’amour, de la liberté et des deuxièmes chances.

Mon humble avis :

Nous suivons trois femmes aux personnalités très marquantes. Caroline Ferriday, et Herta Oberheuser, qui ont réellement existé, et Kasia Kuzmerick, qui est, tout comme sa sœur Zuzanna, inspirée d’une personne réelle. Elles vont toutes vivre la guerre de manières différentes, sachant qu’elles ne seront pas toutes les trois dans le même camp.

Caroline est une femme remarquable qu’on ne peut qu’apprécier énormément. Elle est américaine et ne se retrouvera pas directement confrontée au conflit. Elle est d’une générosité sans bornes et n’aspire qu’à aider les autres, allant jusqu’à faire passer sa vie au second plan. C’est un personnage d’une force incroyable que l’on aimerait pouvoir rencontrer tant elle inspire l’empathie.

Kasia, ainsi que ses proches, sont émouvants. Les passages la concernant ont parfois été difficiles à lire. Kasia a subi les pires atrocités, l’inimaginable, et pourtant, elle continue à faire face et à rester forte. Les événements qu’elle a subis l’ont profondément blessée et ont eu des répercussions sur sa vie personnelle, mais sa force de caractère et son désir de s’en sortir lui ont permis d’aller de l’avant. C’est une femme admirable que l’on aimerait aussi côtoyer.

Enfin, Herta, médecin allemand qui va travailler pour les nazis. J’ai ressenti de la haine pour ce personnage tout au long de ma lecture. Certes, elle n’a pas compris tout de suite les conséquences de ce que les SS lui demandaient et il lui était probablement difficile de refuser, mais elle n’est pas excusable pour autant. Elle s’est rendue coupable des pires atrocités et, même si la pression était très forte de la part de ses supérieurs, elle m’a semblé obéir sans trop de scrupules au final. C’est un personnage ambigu et complexe que l’auteure a su admirablement dépeindre pour lequel je n’ai trouvé aucune circonstance atténuante et qui a suscité des émotions très fortes chez moi.

Le récit de Martha Hall Kelly est poignant et bouleversant. J’ai beaucoup apprécié l’écriture de l’auteure que j’ai trouvée très juste, que ce soit pour exprimer les sentiments de ses personnages ou pour les descriptions. Nos trois héroïnes sont tour à tour narratrices des chapitres qui leur sont dédiés. J’apprécie beaucoup cette façon de faire, car elle me permet de m’immerger davantage dans le récit. Il est difficile d’imaginer qu’il s’agit d’un premier roman tant je l’ai trouvé maîtrisé de bout en bout. On sent qu’elle a fait un énorme travail de recherche, et son récit m’a permis d’en apprendre beaucoup.

Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux est un roman que je recommande, d’une part pour sa puissance et d’autre part pour ne pas oublier…

Je remercie les éditions Charleston pour ce service presse.

Titre : Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux
Auteur : Martha Hall Kelly
Traducteur : Géraldine d’Amico
Éditeur : Charleston
Date de publication : 09 janvier 2018